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Miroir, mon beau miroir ...

  • Photo du rédacteur: Anaïs et la Nuit
    Anaïs et la Nuit
  • 29 nov. 2021
  • 3 min de lecture

J’ai fêté la semaine dernière mes presque 30 ans. On dit que le bonheur est dans le presque . Pourtant je ne trouve pas que cette 29ème année en porte vraiment la définition. J’ai reçu, de la part d’une personne chère à mon cœur, un petit miroir, en guise de cadeau, accompagné de cette jolie note « pour une Nana rayonnante ». Nana, c'est le surnom qu'il me donnait. M’attachant simplement à son esthétique ainsi qu’à son compliment, j’en ai d’abord juste apprécié le présent. Puis, c’est en discutant avec un ami, qui me fit part de son interprétation, que je m’interrogeai sur sa symbolique et l’utilisation que j’en ai, ma fascination pour cet objet ô combien mystique. Gabriel me dit « Moi, si j’avais offert ça à quelqu’un, ç’aurait été pour dire : regarde-toi, un peu ».

- Que je me regarde ?

- Oui, en bien comme en mal. »

Regarde-toi peut vouloir dire regarde tes défauts, mais aussi, « vois toi comme je te vois, dans ton rayonnement comme dans ta laideur ». Je ne sais pas si le geste de V. était un acte inconscient , mais j’aime y trouver un sens. Ces mots me ramènent à une discussion avec mon psy, qui me dit un jour toute la force avec laquelle je refusais de la regarder, cette part de laideur en moi. Cette ombre, ce mal-être en dégradé de gris. À quel point je la tais et m’applique à surtout bien l’éviter. Le stade du miroir, en psychanalyse, renvoie à la scission de l’être. Il correspond au surmoi, à l’idéal du moi, et au moi. C’est l’apparition du « je ». Ce jeu de regard brut, qui révèle, sans filtre, l’image que les autres ont de nous, avec sa part de lumière et sa part d’ombre. Il invite à la réflexion. Che Vuoi ? Nous demande t’il. Que veux-tu ? À nous de savoir ce qu’on souhaite y voir. La vérité ? Ce qui nous arrange ou ce qui nous dérange ?


On y voit parfois la descente de l'âme dans la matière. L'amas-tiers. La sagesse et la connaissance de soi, si tant est que nous acceptions de ne pas s'y mirer en surface mais de s'y plonger entièrement, à l'image d'Alice au pays des merveilles. Se détourner de sa laideur, c'est ne pas s'embrasser entièrement. C'est refouler ce qui nous effraie le plus et qui nous empêche, dans le fond, de nous déployer.


On dit aussi de lui que :

  • " L’individu peu avancé n’y verra que l’image de ce qu’il pense être,

  • L’être plus avancé y cherchera la vérité,

  • L’être éveillé y verra peut-être le reflet du divin."

Les artistes, souvent attachés à l'esthétique, à tout ce qui est beau, en oublient parfois une part essentielle de leur discours, qui se fait alors superficiel, détourné du vrai, illusoire. On n'y croit pas vraiment. Il faut bien qu'elle existe, quelque part. Car sans ombre, pas de lumière. Pendant plus de 20 ans, j'ai laissé ma myopie me voiler la vue, refusant la plupart du temps de porter lunettes ou lentilles pour vivre dans le flou, dans le faux, pour ne pas bien me voir, de près ou de loin. Choisissant de faire l'autruche, la taupe. J'ai donc pris cette résolution de m'employer à trouver ma laideur d'âme dans l'expression créatrice, la laisser s'exprimer sur du papier, dans de la matière, des écrits, afin qu'elle ne s'exprime pas par des mots ou des maux, envers moi ou les autres.


Et toi, que vois-tu, dans le reflet de ton âme ? À quelles questions te renvoie cet objet ? Quelles émotions génère t’il en toi ? De quelle manière s'exprime ta laideur ? Quelle place lui accordes-tu ?


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